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Eddwin

Pourquoi certaines personnes progressent pendant que d’autres stagnent

La progression est affaire de compétences

21 juillet 2026

5 min de temps de lecture

Vous connaissez probablement quelqu’un comme ça.

Il ou elle n’est pas forcément le plus diplômé, ni le plus expérimenté alors qu’à chaque nouveau défi, cette personne semble apprendre plus vite que les autres. Elle s’adapte, évolue, change de poste, lance un projet ou saisit une opportunité pendant que d’autres ont le sentiment de faire du sur-place.

On pourrait croire qu’il s’agit d’une question de talent.

Mais si c’était surtout une question de compétences… et pas forcément de celles auxquelles on pense ?

Pour évoluer professionnellement, le premier réflexe consiste souvent à chercher une nouvelle formation : une certification, un logiciel à maîtriser, une langue étrangère ou une compétence technique recherchée sur le marché.

Ce sont évidemment des compétences utiles. Mais elles ne sont pas toujours celles qui font la plus grande différence sur une carrière.

Les personnes qui progressent le plus rapidement ont développé d’autres compétences, beaucoup plus discrètes. Elles apparaissent rarement dans une fiche de poste, ne donnent lieu à aucun diplôme et sont pourtant celles qui permettent d’apprendre plus vite, de prendre de meilleures décisions et de s’adapter plus facilement aux changements.

Ce n’est presque jamais une question de talent

Attribuer la réussite au talent, c’est rassurant.

Mais tout dépend où l’on place le curseur du talent. Si le talent désigne une aptitude naturelle, presque innée, alors il n’explique qu’une partie de l’équation. Certaines personnes commencent avec davantage de facilité que d’autres, mais cette avance initiale ne garantit ni la progression, ni la maîtrise, ni la réussite.

En revanche, si l’on considère le talent comme une aptitude développée jusqu’à devenir particulièrement efficace, alors la perspective change complètement. Le talent n’est plus seulement quelque chose que l’on possède. Il devient quelque chose que l’on construit.

Le piège du « je ne suis pas fait pour ça »

Nous prononçons souvent cette phrase après une première difficulté : parler en public, vendre, manager ou apprendre une langue. Nous confondons alors l’absence de facilité immédiate avec une incapacité durable.

Ne pas savoir faire aujourd’hui ne signifie pas ne pas pouvoir apprendre demain.

Nous voyons rarement les heures de pratique, les erreurs, les ajustements et les accompagnements qui se cachent derrière ce que nous appelons le talent. Nous n’en percevons que le résultat final : une personne à l’aise, précise, rapide, presque naturelle.

À force d’observer le résultat sans voir le chemin, nous finissons par croire que certains sont faits pour réussir dans un domaine et que d’autres ne le seront jamais.

C’est probablement l’une des croyances qui nous empêche le plus de progresser.

La compétence qui fait progresser toutes les autres

La compétence la plus précieuse n’est donc peut-être pas celle que l’on ajoute à son CV. C’est celle qui permet d’en développer dix autres.

Cette compétence, c’est la capacité à apprendre efficacement.

Savoir identifier ses lacunes, trouver les bonnes ressources, choisir le bon accompagnement, mettre rapidement en pratique, accepter de se tromper, demander du feedback et ajuster sa manière de faire.

Autrement dit, apprendre à apprendre.

Dans un monde où les métiers évoluent plus vite que jamais, les connaissances deviennent périssables. En revanche, la capacité à acquérir rapidement de nouvelles compétences reste, elle, un avantage durable.

C’est peut-être la seule compétence qui augmente la valeur de toutes les autres.

Beaucoup de personnes ne se forment plus

Si cette capacité est devenue si essentielle, un autre constat est plus surprenant : nous nous formons de moins en moins. L’OCDE [1] observe d’ailleurs un recul de la participation à la formation des adultes dans plusieurs pays.

À première vue, ça peut sembler paradoxal.

D’abord parce que pour développer une compétence, il est nécessaire de se former.

Ensuite, parce qu’il n’a jamais été aussi simple d’apprendre. Les formations se sont multipliées, les contenus gratuits sont accessibles en quelques clics et les plateformes promettent de développer n’importe quelle compétence.

Néanmoins, les multiples rencontres que je fais dans mon métier m’amènent à entendre invariablement cette phrase : « Les formations ne servent à rien. »

Le mauvais souvenir qui change tout

Ma question qui suit est alors toujours la même : « Pourquoi penses-tu que les formations sont inutiles ? »

Et ce sont généralement de mauvaises expériences d’apprentissage qui induisent une perte de confiance dans la formation.

Soit à cause de l’ennui profond qu’elle a provoqué ou de la simple sensation d’avoir investi du temps, parfois de l’argent, sans que rien ne change réellement.

Notre cerveau généralise très vite : une mauvaise expérience devient facilement une vérité.

C’est probablement l’un des plus grands défis de la formation aujourd’hui. Car les individus ne rejettent pas massivement l’idée d’apprendre. Ils rejettent le souvenir de la dernière fois où ils ont eu le sentiment d’avoir appris… pour rien.

Mais une mauvaise formation doit-elle présager toutes les autres ?

On croit avoir un problème de motivation

La motivation n’est jamais le véritable problème.

Lorsque nous trouvons un apprentissage utile, stimulant et en lien avec un objectif qui compte pour nous, nous trouvons généralement le temps de nous y consacrer. Nous sommes capables de passer des heures à apprendre une nouvelle passion, à préparer un voyage ou à maîtriser un nouvel outil si nous en percevons immédiatement l’intérêt.

En revanche, il est presque impossible de rester engagé dans un apprentissage dont on ne comprend pas la finalité.

Ce n’est donc pas un manque de motivation.

C’est un manque de sens.

Avant même de choisir une formation, une question devrait toujours précéder les autres :

Qu’est-ce que je veux être capable de faire à l’issue de cet apprentissage que je ne suis pas capable de faire aujourd’hui ?

Nous choisissons une formation parce qu’elle est populaire, parce qu’elle est financée, parce qu’un collègue nous l’a recommandée ou parce qu’elle promet d’aborder un sujet à la mode.

Mais une formation n’est pas un objectif.

C’est un moyen.

Lorsque le moyen prend la place de l’objectif, la motivation finit presque toujours par disparaître.

Ceux qui progressent ont un point commun

Lorsque l’on regarde les parcours de celles et ceux qui évoluent le plus au cours de leur carrière, on pourrait croire qu’ils ont eu plus de chance, plus de talent ou plus d’opportunités que les autres.

En réalité, leur point commun est tout autre : ils considèrent leur développement comme une responsabilité personnelle.

Ils ne laissent pas leur progression dépendre uniquement de leur entreprise, de leur manager ou des circonstances. Ils prennent le temps de réfléchir à ce qu’ils veulent accomplir, identifient les compétences qui leur seront réellement utiles et recherchent les moyens les plus adaptés pour les développer.

Ils se forment, bien sûr.

Mais ils ne collectionnent pas les formations.

Ils choisissent celles qui répondent à un objectif précis. Ils mettent rapidement en pratique ce qu’ils apprennent, sollicitent des retours, ajustent leur manière de faire et observent leurs progrès au fil du temps.

Autrement dit, ils ne voient pas la formation comme une fin.

Ils la considèrent comme un levier au service d’un projet.

Se former n’a jamais été une garantie de réussite.

En revanche, renoncer à développer ses compétences est probablement l’une des rares garanties de finir par stagner.

Auteur : Maxime Dominguez

Maxime Dominguez

Co-fondateur Eddwin


Ressource

1 Trends in Adult Learning – OECD Adult Skills 2023